samedi 19 octobre 2013

France : La chasse des chibanis reprend à Asnières



Depuis quatre mois, les chibanis d’Asnières n’avaient plus reçu leurs pensions de retraites.
Et pour cause ! Ils seraient considérés par l’administration comme étant des fraudeurs. L’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF) est montée au créneau et après des manifestations, certains ont pu obtenir gain de cause. Mais une partie subit encore « l’injustice », estime l’ONG qui entend saisir les tribunaux.
C’est un profond sentiment de colère et de frustration qui anime, en ce moment, les vieux retraités magrébins résidant dans les foyers Adoma d’Asnières. Au nombre de 70, ils ne recevaient plus leur retraites depuis juin 2013 et selon les membres de l’ATMF, on ne leur a jamais donné les raisons.
Sur la base d'un rapport erroné
Tout serait parti d’un contrôle effectué par une agente de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) au foyer Adoma d’Asnières, selon les membres de l’ATMF. « Elle venait vérifier l’adresse d’un chibani. Mais elle n’a pas pu la trouver, car ne connaissant pas le foyer [la manière dont il est organisé, ndlr]. Elle en a déduit que l’adresse n’existait pas. Du coup, la CNAV a supprimé la pension de tous ceux qui résidaient à cette adresse », explique à Yabiladi l'un d'eux, Ali Habchi.
D’après lui, ce problème révèle de la « suspicion permanente » dans laquelle les institutions françaises travaillent avec les chibanis. « Ils sont toujours suspectés de ne pas être ce qu'ils disent, de ne pas habiter à l'adresse qu'ils déclarent, ...», explique M. Habchi d'un air outré. « Normalement dans ce genre de cas, il y a d’abord envoi d’un courrier, puis ouverture d’une enquête et après, on décide. Mais dans le cas présent, la décision a été prise sans aucune enquête préalable » dénonce-t-il. Les membres de l’ATMF sont encore plus offusqués par le fait que « la majorité des personnes concernée par la suspension ont une pension exportable ».
La pression a payé… en partie
Jeudi 5 octobre, certains chibanis, accompagnés de quelques membres de l’ATMF, ont occupé les locaux de la CNAV à Asnières, en signe de protestation. Finalement, ils ont été reçus par la directrice qui, après avoir contacté ses supérieurs hiérarchiques et les élus de la ville, a réglé le cas d’une trentaine de retraités. « Certains ont déjà récupéré leur argent », nous signale Abdallah Moubine, président de l’ATMF Gennevilliers.
La procédure serait en cours pour les autres, mais la pension est supprimée pour près de quatorze chibanis qui bénéficiaient de l’ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées). Comme l’explique M. Moubine, Après six mois et un jour de résidence à l’étranger, le chibani ne peut plus recevoir l’ASPA. « Mais pour décider de cela, ils vérifient les passeports au préalable. Ce qu’ils n’ont pas fait », relève-t-il.
Action en justice envisagée
Au moment où l’agente de la CNAV effectuait sa visite pour le cas d’un chibani, la plupart des habitants du foyer étaient en séjour au Maroc pour les uns et en Algérie pour les autres. Mais selon l’ATMF, il n’y a eu « aucune vérification » avant la prise de décision. « Ces gens ont participé à la construction de ce pays. Ils y ont laissé leur santé. Mais à la fin de leur vie, ils sont encore traités comme des voleurs », regrette Abdallah Moubine.
Ce responsable associatif rappelle au passage que dans le cadre de la mission parlementaire de juillet 2013, « le directeur de la CNAV, M. Mayer, avait dit que ses services ferraient le maximum pour faciliter le quotidien des chibanis. Mais c’est tout le contraire qui se passe actuellement ». C'est donc une sorte de retour en arrière, puisque ce type de faits a été le quotidien des chibanis pendant de nombreuses années. L’Association étudie la possibilité de mener une action en justice, très prochainement, si les droits de ces chibanis ne sont pas rétablis.


Voir également, le rapport parlementaire auquel a participé Christophe Dadouche proposant 82 mesures de réforme favorables à ces chibanis et qui montre le décalage entre les annonces et la réalité : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1214.asp.

Colombes : des employés sauvent leur entreprise de la liquidation judiciaire



Une Scop pour dire stop ! Une cinquantaine de salariés ont payé de leur poche pour transformer leur entreprise de reprographie en coopérative.
  • Par Isabelle Audin, France 3 Île de France
  • Publié le 30/09/2013 | 12:37, mis à jour le 30/09/2013 | 19:02
La société Reprotechnique, située à Colombes dans les Hauts-de-Seine, spécialisée en reprographie a été sauvée de justesse par ses employés en juillet dernier.
Une cinquantaine de salariés ont pris le risque d'investir leur argent personnel dans leur entreprise menacée de fermeture, et devenue désormais une société coopérative et participative (Scop), et ont ainsi sauvé leur emploi.
Ils ont apporté au total 300 000 €, à raison d'une participation d'un minimum de 500 € chacun.
Une belle aventure, qui a permis à Reprotechnique, créée en 1963, de continuer à vivre malgré son placement judiciaire.
C'est au tribunal que certains salariés ont eu l'idée de se renseigner sur les Scop. L'un d'eux a appelé l'union régionale des Scop et le sauvetage était en route. Une route longue et fastidieuse. Il a fallu fédérer les pour et les contre, convaincre les organismes de financements.
Le directeur, Olivier Crus, s'est même muni d'une quarantaine de lettres de soutien au tribunal lors de l'offre de reprise en mai.
De plus, la préfecture a décidé le versement de 170 000 € issus d'une "convention de revitalisation" pour appuyer le projet. Une première dans le département concernant une Scop.
La société de reprographie, mettant toutes les chances de son côté, s'est aussi inscrite à une bourse offerte par le Conseil Général du 92, dédiée à l'Economie Sociale et Solidaire. Un appel aux projets qui permet un coup de pouce de 80 000 €.  L'entreprise vient d'être pré-sélectionnée : réponse en novembre.

Un reportage de Geneviève Faure avec Pascal Tribo

Voir la vidéo, COLOMBES SOCIETÉ SAUVÉE : http://paris-ile-de-france.france3.fr/2013/09/30/colombes-des-employes-sauvent-leur-entreprise-de-la-liquidation-judiciaire-328407.html

vendredi 4 octobre 2013

François Hollande sergent recruteur !


À propos de la Syrie, la France confirme sa position interventionniste et guerrière sur la scène internationale.  Sa première place à la tête des va-t-en guerre pourrait surprendre. Pourtant les socialistes ont un lourd passif dans ce domaine où ils n’ont rien à envier à la droite. Toujours la nostalgie des colonies et des canonnières ! Pourtant les positions françaises trouvent  vite leurs limites dans le contexte actuel. Nous n’avons plus les moyens de nos  ambitions, d’autres pays prennent notre place il serait temps de s’en apercevoir. Monsieur Hollande n’a même pas été invité aux  pourparlers  de Genève entre Russes et Américains sur les armes chimiques  en Syrie. De plus les échecs successifs, des différentes interventions militaires ces dernières années dans de nombreuses régions, ont plutôt contribué à accentuer les  problèmes.
On doit mettre fin à l’oppression et aux exactions de Bachar el Assad contre son propre peuple. Mais tous les moyens ne sont pas bons. La voie de la négociation politique avec tous les acteurs déterminants, même si elle parait plus difficile, semble la seule solution.
Quant à l’ONU, il est heureux qu’elle revienne au-devant de la scène. Mais de quelle autorité peut- elle se prévaloir au Moyen Orient, si elle est incapable d’y faire appliquer depuis des décennies les résolutions du Conseil de sécurité concernant la Palestine, ni de faire respecter l’intégrité territoriale des Etats. Le retour de l’ONU permettra de mieux s’orienter vers la solution de la question syrienne, mais il ne faut pas qu’elle s’arrête en si bon chemin.

mercredi 25 septembre 2013

« Métropole du Grand Paris », le retour au centralisme technocratique



En juillet dernier, dans l’indifférence générale et l’ignorance volontairement entretenue des citoyens franciliens, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, la loi créant la « Métropole de Paris ». Les débats parlementaires vont se poursuivre. En octobre, ce projet de loi doit passer en seconde lecture au Sénat, puis revenir sur le bureau de l’Assemblée nationale pour son adoption définitive.
Si cette loi est adoptée en l’état, cela ne sera ni plus ni moins qu’un retour à la centralisation et donc un déni de démocratie.
La nouvelle superstructure, dénommée « Métropole du Grand Paris », regrouperait, dès le 1er janvier 2016, 123 communes appartenant aux trois départements de la petite couronne parisienne, dont celui des Hauts-de-Seine, plus Paris, comprenant ainsi plus de 6 millions d’habitants. Elle sera dotée de compétences étendues notamment dans les domaines du logement, de l’aménagement et de l’environnement.
Ce projet de loi créant les métropoles pose de nombreux problèmes, concernant précisément celle du « Grand Paris », liés à la démocratie et à la bonne utilisation des moyens publics. Il est à l’opposé du processus de décentralisation engagée en France depuis 1982. Il fait complétement fi de la démarche engagée depuis plusieurs années par une très grande majorité d’élus locaux d’Île-de-France, de toutes tendances politiques, au sein de « Paris Métropole », pour construire des coopérations intercommunales, des projets d’intérêt commun, utiles aux habitants, et tenant compte des dynamiques de développement de chaque territoire.
Vu l’importance du sujet, ce projet aurait nécessité une concertation avec les élus locaux et au moins une consultation, même sous une forme minimale, des Franciliens. Or rien de cela n’a été fait.
Au contraire, le projet de loi, soutenu par une quarantaine de parlementaires franciliens, avec à leur tête notre député, Alexis Bachelay, a été examiné dans l’urgence. C’est en quelque sorte le retour à d’anciennes pratiques où le citoyen est tenu pour quantité négligeable.
Alors que le vent de la décentralisation souffle sur le monde, nous voilà revenus des décennies en arrière. Aussi séduisant soit-il sur le plan technique, faute d’association des Franciliens, la réalisation de ce projet sera entachée d’illégitimité politique. Et, dans ce cas, effectivement « le changement c’est maintenant ». Mais dans le mauvais sens !

mercredi 26 juin 2013

Réinventer le travail : la voie coopérative


Une conférence / débat aura lieu sur ce thème, le mardi 2 juillet, à 18 h, à l’Agora de Nanterre (20 rue de Stalingrad)

L’évènement débutera par la projection du documentaire « Les Fagor et les Brandt » et sera suivi d’un débat animé par la journaliste Aline Pailler.
Avec la participation de Sylvie Mayer (Ap2E - Agir pour une économie équitable), François Mellan (Scop Oonops), Jean Philippe Poulnot (fondation du Groupe Chèque Déjeuner) et Stéphane Veyer (Scop Coopaname).

Avec un chômage en hausse continue, la question du travail a progressivement cédé le pas à celle de l’emploi. Pourtant, repenser le travail est le préalable à toute imagination de l’économie de demain. Et l’organisation coopérative, méconnue et souvent mal servie, constitue une voie extraordinairement fertile et moderne. Son modèle de rapport au pouvoir, au temps, à la propriété, sa manière de construire du lien social et des solidarités permettent d’inventer des organisations de production et des façons de faire de l’économie qui posent les conditions d’une sortie du travail des logiques marchandes. Mais cela suppose d’engager des transformations culturelles majeures…

Un événement porté par Coopaname
Créée en 2004, la Scop Coopaname réunit à ce jour plus de 600 professionnel.le.s qui ont fait le choix de créer et développer leur propre activité économique dans un cadre collectif, démocratique et mutualiste. Ensemble, les membres de la coopérative construisent une entreprise commune pour s’y donner collectivement le droit du travail, la protection sociale, la formation professionnelle, la mutualisation des risques, les solidarités. Ni dépendant.e.s, ni indépendant.e.s, ils inventent un cadre de travail original et émancipateur, fondé sur le lien social et non le lien de subordination. Coopaname est présente à Paris, Aubervilliers (93), Nanterre (92), Chevilly-Larue (94) et au Mans (72).

Pour en savoir plus : http://www.coopaname.coop

« Tout un monde », un lieu unique à Colombes


Cet espace associatif original vient d’ouvrir à la gare du Stade, place Facel Vega, à côté de la pharmacie. Il s’agit d’un salon de thé où on peut lire, s’offrir des livres et, pendant ce temps, faire sa lessive ! Voilà qui est nouveau !

Inventaire
• 4 machines à laver (8 et 14 kilos), 2 sèche-linge (8 et 14 kilos)
• Un grand choix de livres d’occasion à petits prix (échange gratuit de livres pour les 15-20 ans), journaux à disposition
• Thés, cafés et jus de fruits du monde (bio et issus du commerce équitable), jus de fruits pressés et petits gâteaux.

Horaires de la laverie-bouquinerie-salon de thé
• du mercredi au dimanche, de 14 h 30 à 19 h 30
• ouvert aussi le samedi matin, de 10 h à 12 h 30
• ouvert tout l’été.

Autres activités
• Permanence écrivain public bénévole : le samedi matin de 10 h à 12 h 30 (à partir du 6 juillet)
• Cours de français oral et écrit (Français Langue Etrangère) : le mardi de 18 h 30 à 20 h (à partir du 2 juillet) et le jeudi de 19 h 30 à 21 h (à partir du 12 septembre)
• Soirées thématiques et débats
• Randonnées mensuelles...

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